Panorama complet des formats géospatiaux (1994–2026)

De Shapefile à MLT — Histoire, architecture et guide décisionnel

Mattieu Pottier ⏱ 60 min de lecture Collection « Chaîne de la donnée géospatiale » — Volume 1

Derrière chaque carte web, chaque requête spatiale, chaque export SIG, il y a un format de fichier ou un protocole qui conditionne la performance, la scalabilité et la maintenabilité de tout le système. Choisir le mauvais format, c'est potentiellement des temps de chargement excessifs, une scalabilité impossible et une dette technique durable. Ce premier volume de la collection « Chaîne de la donnée géospatiale » couvre trente ans d'évolution — du SIG desktop des années 1990 aux formats cloud-native et WebGPU de 2026 — avec plus de vingt formats analysés en profondeur, un guide décisionnel complet et cinq architectures de référence.

20+
formats analysés en profondeur
4
ruptures technologiques
5
scénarios architecturaux
1994
— 2026 couvert
📚
Collection « Chaîne de la donnée géospatiale » — Volume 1

LB1 — LE QUOI ← CE DOCUMENT — Formats Géospatiaux 2026 — Structure, histoire, critères de choix.
LB2 — LE OÙ — Stockage Géospatial — Moteurs, index, coûts, gouvernance.
LB3 — LE COMMENT — Exposition Web — Servir et consommer la donnée.
Ce document est le prérequis de LB2 et LB3. Les formats décrits ici sont référencés dans les volumes suivants sans être redécrits.

Préface

Les formats de données géospatiales constituent l'un des sujets les plus stratégiques — et les plus sous-estimés — de l'écosystème des systèmes d'information. Depuis près de trente ans, j'ai vu des projets échouer non pas par manque de compétences métier, mais parce que les choix technologiques fondamentaux avaient été faits trop vite, sans recul sur les implications architecturales, de performance ou de maintenabilité.

Ce livre blanc est né d'un double constat. D'abord, la documentation existante sur les formats géospatiaux est souvent fragmentée : les développeurs trouvent des références techniques précises sur chaque format pris isolément, mais rarement une vision d'ensemble qui permette de comprendre pourquoi un format a émergé, quel problème concret il résolvait, et comment il s'inscrit dans la trajectoire longue de l'évolution du SIG vers le web, puis vers le cloud et le GPU.

Ensuite, 2026 marque un tournant concret : l'arrivée de MapLibre Tile (MLT) comme successeur du MVT, l'adoption massive de PMTiles qui supprime le besoin de tile server, et la montée en puissance de GeoParquet dans les pipelines de data engineering spatial. Ce n'est pas une simple évolution incrémentale — c'est une recomposition des fondamentaux.

Ce document s'adresse aux développeurs web et SIG, aux architectes solutions, aux chefs de projet en transformation digitale et à tous ceux qui prennent des décisions techniques impliquant de la donnée géographique. Il ne présuppose pas une expertise préalable en cartographie, mais suppose une familiarité avec les concepts d'API, de base de données et d'architecture web.

Mattieu Pottier — Consultant en transformation digitale, spécialiste Odoo ERP et applications SIG

Introduction — Pourquoi les formats géospatiaux sont un sujet stratégique

La donnée géographique est partout. Dans votre application de livraison quand elle calcule un itinéraire, dans votre plateforme de gestion de patrimoine quand elle localise un équipement, dans votre dashboard de monitoring quand il représente une carte de chaleur. Derrière chaque carte web, derrière chaque requête spatiale, derrière chaque export SIG, il y a un format de fichier ou un protocole qui conditionne la performance, la scalabilité et la maintenabilité de tout le système.

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Choisir le mauvais format, c'est potentiellement…

Des performances dégradées — un GeoJSON de 500 Mo servi à chaque requête là où des tuiles vectorielles auraient suffi.
Une scalabilité impossible — un WFS XML exposant 100 000 entités sans pagination ni optimisation.
Une dette technique — un Shapefile au cœur d'une API web moderne, avec ses contraintes des années 1990.
Un coût d'infrastructure — un tile server complet là où PMTiles sur CDN aurait coûté dix fois moins.

Le fil conducteur : quatre ruptures technologiques

L'histoire des formats géospatiaux n'est pas une accumulation linéaire de standards. Elle se structure autour de quatre ruptures technologiques majeures, chacune provoquée par un changement de contexte d'usage.

→
Comment lire ce document

Lecture linéaire — pour comprendre l'évolution historique et technique, section par section.
Lecture orientée décision — directement vers la Partie 9 (Guide décisionnel) et la Partie 10 (Architectures de référence) si vous avez un choix technique à faire aujourd'hui.

Partie 1 — Taxonomie et grille de lecture

Avant d'entrer dans le détail de chaque format, il est essentiel de disposer d'une grille de lecture commune. Les formats géospatiaux peuvent être classifiés selon plusieurs dimensions orthogonales.

1.1 Vecteur, Raster, Nuage de points, 3D, Scientifique

La première distinction fondamentale concerne la nature des données représentées.

Famille 1

Vecteur

Points · Lignes · Polygones avec attributs
Shapefile, GeoJSON, MVT, GeoPackage

Famille 2

Raster

Grille de pixels géoréférencés
GeoTIFF, COG, PNG/JPEG XYZ

Famille 3

Nuage de points

Points 3D LiDAR avec attributs
LAS, LAZ, COPC

Famille 4

3D / BIM

Modélisation volumétrique
3D Tiles, CityGML, IFC

Famille 5

Scientifique

Grilles multidim. (temps, altitude)
NetCDF, HDF5

1.2 Fichier, API, Tile

La deuxième dimension concerne le mode d'accès et de distribution de la donnée.

Mode d'accès Description Exemples Cas d'usage
Format fichier statique Encapsulé en fichiers. Lecture séquentielle ou indexée. Shapefile, GeoJSON, GeoPackage, GeoTIFF Échanges, exports, stockage local
Format d'API Exposé via protocole requête/réponse. Permet filtrage, pagination, requêtes spatiales. WFS, OGC API Features, REST JSON Applications interactives, interopérabilité
Format de tuiles Données découpées en tuiles par niveau de zoom. Optimisé pour le rendu. XYZ raster, MVT, MLT, PMTiles Cartographie web performante, grand public
💡
Point clé — le format n'est pas une propriété intrinsèque

Un même jeu de données peut exister sous plusieurs formes : une couche PostGIS peut être exportée en GeoJSON (fichier), exposée via OGC API Features (API), et rendue en MVT (tiles). Le format est un choix architectural en fonction du cas d'usage — pas une propriété de la donnée elle-même.

1.3 Environnement de consommation cible

Environnement Caractéristiques Formats adaptés
Bureau / Desktop QGIS, ArcGIS — accès fichier local, pas de contrainte réseau Shapefile, GeoPackage, GeoTIFF, LAS/LAZ
Web navigateur JavaScript, WebGL/WebGPU — contrainte réseau, interactivité GeoJSON, MVT, MLT, PMTiles, COG
Cloud / Data Traitement massif, pipelines analytiques, stockage objet GeoParquet, GeoArrow, COG, FlatGeobuf
API / Backend Échange entre services, interopérabilité, standardisation OGC API Features, REST JSON, WFS, WMS

1.4 Les cinq critères de choix d'un format

Tout choix de format géospatial devrait être évalué selon ces cinq dimensions.

📊

Volumétrie

Combien d'entités, quelle taille de fichier, quel volume de requêtes ? Un GeoJSON convient pour 500 POI, devient problématique au-delà de 50 000.

🖱️

Interactivité

La carte doit-elle permettre le clic, le survol, le filtre client ? Les formats raster (WMS, XYZ) ne permettent pas d'interaction sur les entités.

📈

Scalabilité

Le service doit-il tenir sous charge ? Les tuiles (MVT, PMTiles) sont naturellement cachables. Les API WFS XML ne le sont pas.

🔗

Interopérabilité

Doit-on s'intégrer à des standards OGC, des logiciels bureau, des outils tiers ? Certains formats sont ouverts, d'autres propriétaires ou émergents.

🛠️

Maturité & écosystème

Existe-t-il des librairies stables, une documentation solide, une communauté active ? MLT offre de meilleures performances mais un écosystème encore restreint en 2026.

Partie 2 — Ère 1 : Le SIG Desktop (1994–2004)

Au milieu des années 1990, le SIG est un outil professionnel réservé aux spécialistes. Les logiciels — ArcView 3.x d'ESRI, MapInfo Professional, Intergraph — tournent sur des postes de travail coûteux. L'internet grand public n'existe pas encore sous sa forme actuelle. Les formats de données géospatiales de cette époque reflètent ces contraintes : accès fichier local, échange entre spécialistes, peu de préoccupation pour le réseau ou l'interopérabilité avec des navigateurs. C'est dans ce contexte que naissent les formats fondateurs, dont certains sont encore actifs trente ans plus tard.

1994 — GeoTIFF

Niles Ritter (JPL/NASA) / Mike Ruth (SPOT Image)

Le raster géoréférencé universel. Étend TIFF avec des balises normalisées stockant projection, emprise et résolution directement dans le fichier image. Standard de fait depuis 1995, adopté OGC en 2019.

~1993 / spec 1998 — Shapefile

ESRI

Le format qui refusait de mourir. Trente ans de domination malgré noms de colonnes à 10 chars, limite 2 Go, encodage ambigu. Toujours omniprésent dans les portails open data institutionnels.

2000 — WMS

OGC — Web Map Service

Premier standard de cartographie web. Le client envoie un bounding box, le serveur renvoie une image PNG/JPEG. Traitement entièrement côté serveur. Toujours actif dans les portails institutionnels en 2026.

2000 — GML

OGC — Geography Markup Language

L'ambition XML universelle. Verbeux (5 à 15× GeoJSON pour les mêmes données), il reste le format sous-jacent de WFS et les échanges INSPIRE. GeoJSON l'a supplanté pour les API modernes.

2001 — KML

Keyhole Inc. / Google

Créé pour EarthViewer (Google Earth), popularise la carte 3D grand public. XML avec styles visuels intégrés. Standardisé OGC en 2008. Niche stable pour le partage ponctuel d'annotations géographiques.

2002 — WFS

OGC — Web Feature Service

Accès aux données vectorielles brutes via le web. Hérite de GML — réponses volumineuses, parsing côté client coûteux, pas de pagination native en v1.x. OGC API Features (2019) est son successeur officiel.

2002 — GPX

Topografix — GPS Exchange Format

Standard d'échange universel pour les données GPS terrain. Traces, waypoints, routes avec timestamp et altitude. Support natif Garmin, Strava, Komoot, QGIS. Niche stable, non concerné par les tendances web.

Ère 1 — SIG Desktop · 1994 · Raster

GeoTIFF

Le raster géoréférencé universel — le format qui a normalisé la donnée satellite

Niles Ritter (JPL) · Mike Ruth (SPOT Image) Spec 1.0 — 1995 Standard OGC — 2019 Statut 2026 : Actif ✅

Contexte et problématique

En 1994, les données satellitaires et aériennes numérisées se multiplient, mais chaque fournisseur utilise ses propres conventions pour stocker l'information de géoréférencement. Résultat : une image SPOT ne pouvait pas être superposée directement à une image d'un autre capteur sans retraitement manuel. GeoTIFF répond à ce problème en étendant le format TIFF standard avec des balises normalisées qui stockent le système de coordonnées, la transformation affine et la projection cartographique directement dans le fichier image.

Architecture technique

GeoTIFF est un TIFF enrichi de métadonnées géographiques sous forme de tags privés. L'image est stockée en tuiles ou en bandes, potentiellement compressée (LZW, Deflate, JPEG). Les métadonnées clés : GeoKeyDirectory (répertoire des clés de géoréférencement), ModelPixelScaleTag (résolution X/Y dans les unités de la projection), ModelTiepointTag (correspondance pixel ↔ coordonnée terrain), ModelTransformationTag (matrice affine de transformation).

ForcesLimites
Support universel (GDAL, QGIS, ArcGIS, Python rasterio)Fichier complet à charger — pas de streaming natif
Métadonnées intégrées dans le fichierTaille importante pour haute résolution
Support multi-canal (RGB, infrarouge, hyper-spectral)Non adapté aux accès partiels côté web
Standard de fait depuis 1995COG (2016) résout le problème du streaming
✅
Statut 2026

GeoTIFF reste le format raster de référence pour le stockage et l'échange. Sa version cloud-optimisée (COG) est devenue le standard pour le streaming raster sur infrastructure cloud. Il est peu probable qu'il disparaisse avant longtemps.

Ère 1 — SIG Desktop · ~1993 / spec 1998 · Vecteur

Shapefile

Le format qui refusait de mourir — trente ans de domination malgré ses contraintes

ESRI Multi-fichiers : .shp · .shx · .dbf · .prj · .cpg Statut 2026 : Legacy ⚠️

Architecture technique

Un "fichier Shapefile" est en réalité un ensemble d'au moins trois fichiers avec le même nom de base : .shp (géométries vectorielles), .shx (index d'accès aux géométries), .dbf (attributs en format dBASE III — héritage des années 1980), .prj (projection cartographique), .cpg (encodage des caractères).

⚠️
Contraintes structurelles — pourquoi le Shapefile est obsolète

Noms de colonnes limités à 10 caractères — héritage dBASE III 1985, source de troncatures constantes.
Taille maximale de 2 Go par fichier — insuffisant pour les jeux de données modernes.
Pas de support NULL — une valeur nulle est représentée par 0, ambiguïté garantie.
Un seul type de géométrie par fichier — impossible de mélanger points et polygones.
Encodage des caractères ambigu — UTF-8 ou Latin-1 selon les logiciels, source de corruptions.
Pas de topologie — les relations entre entités doivent être recalculées.

→
Anecdote technique

La spécification du fichier .dbf (dBASE III Plus) date de 1985. Quand ESRI a créé le Shapefile au début des années 1990, ils ont réutilisé ce format de moins de dix ans pour les attributs — un choix pragmatique à l'époque. En 2026, nous continuons à utiliser des noms de colonnes de 10 caractères hérités de contraintes matérielles des années 1980.

Pourquoi le Shapefile survit malgré ses limitations : support universel (absolument tous les logiciels SIG le lisent), simplicité d'usage (pas de base de données requise), et inertie institutionnelle (décennies de workflows, données archivées et scripts automatisés).

⚠️
Statut 2026

Le Shapefile est officiellement déconseillé pour tout nouveau projet. GeoPackage est son successeur naturel pour les échanges desktop. Il reste cependant omniprésent comme format d'export dans les outils institutionnels et les portails open data.

Ère 1 — SIG Desktop · 2000 · Service cartographique

WMS — Web Map Service

La première cartographie web normalisée — des images à la demande

OGC GetCapabilities · GetMap · GetFeatureInfo Statut 2026 : Actif institutionnel ✅

WMS répond à un problème fondamental du web cartographique naissant : comment permettre à un client quelconque de demander une image cartographique d'une zone précise, à une échelle précise, sans télécharger toute la donnée ? Le serveur génère et renvoie une image PNG ou JPEG pour chaque requête. Le traitement est entièrement côté serveur.

ForcesLimites
Standard OGC universellement supportéCPU serveur sollicité à chaque requête
Rendu serveur — cohérence graphique garantieImage non interactive (pas de clic sur entité)
Compatible tous clients cartographiquesDifficile à mettre en cache (paramètres variables)
✅
Statut 2026

WMS reste actif dans les contextes institutionnels et les portails de données publiques (IGN, Copernicus, etc.). Pour les applications web modernes à fort trafic, il a été largement supplanté par les tuiles raster XYZ cachables et les tuiles vectorielles MVT/MLT.

Ère 1 — SIG Desktop · 2000 · Échange XML

GML — Geography Markup Language

L'ambition XML qui a manqué le virage du web

OGC Verbosité XML : 5–15× GeoJSON Statut 2026 : Legacy INSPIRE ⚠️

En 2000, XML est au sommet de sa popularité. L'OGC publie GML comme format d'échange universel pour les données géographiques complexes. GML est pensé comme le langage universel de l'information géographique — et c'est précisément son problème : la verbosité XML.

GML vs GeoJSON — comparaison
<!-- GML — un point avec srsName -->
<gml:Point srsName="urn:ogc:def:crs:EPSG::4326">
  <gml:pos>48.8566 2.3522</gml:pos>
</gml:Point>

// GeoJSON équivalent
{"type": "Point", "coordinates": [2.3522, 48.8566]}

// Rapport de taille : GML est typiquement 5 à 15× plus volumineux.
⚠️ Statut 2026 : GML est utilisé dans les échanges INSPIRE et portails institutionnels. Il reste le format sous-jacent de WFS 1.x et 2.x. Pour les nouvelles API, GeoJSON l'a remplacé dans OGC API Features.

Ère 1 — SIG Desktop · 2001 · Visualisation géographique

KML — Keyhole Markup Language

Google Earth change la donne — la cartographie grand public

Keyhole Inc. / Google Standard OGC — 2008 KMZ : archive ZIP Statut 2026 : Niche stable

KML est créé en 2001 pour EarthViewer (qui deviendra Google Earth). Il popularise la carte 3D interactive auprès du grand public et introduit massivement la notion de couche cartographique partageable. Conçu pour la présentation visuelle avec styles, icônes et animations. Sa forme compressée KMZ facilite la distribution.

ForcesLimites
Grand public — simple à créer et partagerXML verbeux, peu performant pour gros volumes
Support natif Google Earth / MapsPas adapté aux API web modernes
Style visuel intégré (couleurs, icônes)Peu de support pour les attributs complexes

Ère 1 — SIG Desktop · 2002 · Service vectoriel

WFS — Web Feature Service

Accès vectoriel OGC — les limites structurelles de XML

OGC WFS-T : transactions Successeur : OGC API Features Statut 2026 : Legacy institutionnel ⚠️

WFS répond à la question : comment accéder aux données vectorielles brutes (géométries + attributs) via le web, de manière standardisée ? Il hérite de GML pour la représentation — chaque feature retournée est encodée en XML GML. Les conséquences sont directes : requêtes volumineuses, parsing côté client coûteux, pas de pagination native en WFS 1.x, complexité du filtre OGC.

⚠️ Statut 2026 : WFS reste présent dans les portails institutionnels existants. OGC API Features (2019) est son successeur officiel avec une API REST JSON moderne qui résout la plupart de ses problèmes structurels.

Ère 1 — SIG Desktop · 2002 · GPS terrain

GPX — GPS Exchange Format

Le standard terrain GPS — simple, robuste, universel

Topografix Traces · Waypoints · Routes Timestamp + altitude natifs Statut 2026 : Niche stable ✅

GPX émerge avec la démocratisation des récepteurs GPS portables (Garmin, Magellan). Format d'échange universel XML pour les données de navigation GPS : traces avec timestamp et altitude, waypoints, routes. Support natif sur Garmin, Strava, Komoot, QGIS. Sa niche est stable — il n'est pas concerné par les tendances web.

Partie 3 — Ère 2 : L'explosion du web cartographique (2005–2013)

Février 2005 marque un tournant historique : Google lance Google Maps sur le web. Pour la première fois, une carte interactive glissante (slippy map) est disponible dans un simple navigateur, sans plugin. La technique des tuiles raster combinée à du JavaScript asynchrone révolutionne l'expérience cartographique. L'écosystème web cartographique explose : OpenLayers (2006) puis Leaflet (2011) démocratisent la cartographie JavaScript open source. Ces nouveaux usagers ont besoin de formats adaptés au web : légers, JSON-natifs, faciles à manipuler.

Ère 2 — Web cartographique · 2008 · Vecteur web

GeoJSON

JSON natif web — le tournant qui a tout changé

Howard Butler · Sean Gillies et al. RFC 7946 — 2016 WGS84 obligatoire Statut 2026 : Standard API web ✅

Structure et architecture

GeoJSON — FeatureCollection
{
  "type": "FeatureCollection",
  "features": [
    {
      "type": "Feature",
      "geometry": {
        "type": "Point",
        "coordinates": [2.3522, 48.8566]
      },
      "properties": {
        "name": "Paris",
        "population": 2161000
      }
    }
  ]
}

// Types géométriques : Point, MultiPoint, LineString, MultiLineString,
// Polygon, MultiPolygon, GeometryCollection
// RFC 7946 : WGS84 obligatoire, polygones en sens antihoraire

Pourquoi GeoJSON a gagné

1

Zero parsing

  • JSON.parse() intégré dans tous les moteurs JS depuis ES5
  • Pas de librairie externe requise
2

Lisible humainement

  • Inspectable dans n'importe quel éditeur de texte
  • Débogage trivial
3

Intégration native

  • Leaflet, Mapbox GL, OpenLayers — natif
  • PostGIS, GDAL, Python fiona/geopandas
4

Tooling riche

  • geojson.io, Turf.js, GDAL, ogr2ogr
  • Écosystème mature et stable

Les limites de GeoJSON

  • !Volumétrie — au-delà de 50 000 entités, les performances de parsing et de rendu se dégradent significativement
  • !Pas de compression native — un GeoJSON de données OSM d'une ville peut peser plusieurs centaines de Mo
  • !Pas d'index spatial — interroger un GeoJSON côté serveur nécessite de le charger entièrement en mémoire
  • !WGS84 obligatoire — RFC 7946 impose ce CRS, incompatible avec certains contextes (Lambert 93, etc.)
✅
Statut 2026

GeoJSON est le format vectoriel dominant pour les API web, les échanges de données légères et les applications avec moins de quelques dizaines de milliers d'entités. Pour les gros volumes, MVT/MLT lui ont pris sa place dans le rendu cartographique.

Ère 2 — Web cartographique · 2010 · Service de tuiles raster

WMTS — Web Map Tile Service

WMS tuilé — le pont entre le serveur et le CDN

OGC Grille TileMatrix normalisée Successeur : OGC API Tiles (2022) Statut 2026 : Actif institutionnel ✅

WMS génère une image à la demande pour chaque requête — ce qui est coûteux en CPU et impossible à cacher efficacement. WMTS standardise la technique des tuiles : on pré-calcule des tuiles 256×256 pour chaque niveau de zoom et chaque position dans une grille fixe. Ces tuiles sont identiques pour tous les utilisateurs et parfaitement cachables sur CDN.

ForcesLimites
Tuiles cachables sur CDN — scalabilité excellenteNon interactif comme WMS (image raster)
Standard OGC — support institutionnel largeMoins flexible que WMS (grille fixe)
Compatible QGIS, ArcGIS, navigateursProtocole plus complexe que le schéma XYZ simple

Ère 2 — Web cartographique · 2011 · Container de tuiles

MBTiles

SQLite pour les tuiles — le container tile standard

Mapbox / Development Seed SQLite : table tiles (zoom, x, y, data) Raster PNG/JPEG ou vectoriel MVT Statut 2026 : Actif offline ✅

Quand on génère des tuiles pour un zoom mondial, on peut facilement produire des millions de fichiers PNG individuels. Stocker des millions de petits fichiers sur un système de fichiers est inefficace. MBTiles encapsule toutes les tuiles dans une base SQLite unique, portable, indexée et directement servable via TileServer GL. PMTiles (2022) offre une alternative sans serveur via HTTP Range Requests.

Ère 2 — Web cartographique · 2010 · Données source OSM

OSM PBF — OpenStreetMap Protocolbuffer Binary Format

La matière première des pipelines vectoriels planet-scale

OpenStreetMap Foundation Planétaire : ~80 Go Parsing 5–6× plus rapide que XML OSM Statut 2026 : Standard OSM ✅

OSM distribue l'intégralité de sa base mondiale sous forme de dumps. Le format PBF (Protocol Buffers), adopté en 2010, divise la taille par 2–3 et multiplie la vitesse de parsing par 5–6 par rapport au XML.

⚠️
Deux usages distincts du terme "PBF" — à ne pas confondre

OSM PBF (.osm.pbf) — le format de dump complet d'OpenStreetMap : nœuds, chemins, relations. C'est la donnée source brute, non structurée comme un SIG classique.
MVT/PBF — les tuiles vectorielles MVT encodées en Protocol Buffers. Ici "PBF" désigne le codec de sérialisation, pas le format OSM. La confusion est fréquente et source d'erreurs.

OutilEntréeSortie
TippecanoeGeoJSON, FlatGeobufMVT (MBTiles ou PMTiles)
PlanetilerOSM PBF, GeoPackage, ShapefileMVT ou MLT (PMTiles)
osmium-toolOSM PBFOSM PBF filtré, GeoJSON
osm2pgsqlOSM PBFPostGIS
✅ Sans OSM PBF, construire une carte mondiale en MVT/MLT nécessiterait >500 Go de GeoJSON. Le PBF planétaire pèse ~80 Go.

Ère 2 — Web cartographique · 2012 · Dataviz

TopoJSON

Compression topologique — la niche de la dataviz

Mike Bostock (D3.js) 2–4× plus compact que GeoJSON Statut 2026 : Niche D3.js stable

TopoJSON encode la topologie explicitement : au lieu de stocker des polygones fermés, il stocke des arcs (segments de frontière) référencés par les polygones adjacents. Une frontière commune entre deux départements n'est stockée qu'une seule fois. Pour une carte choroplèthe classique, TopoJSON est typiquement 2 à 4× plus petit que GeoJSON équivalent. Sa niche est stable : excellent pour la dataviz D3.js et les cartes choroplèthes web légères.

3.4 Le schéma XYZ — le tuilage dominant non-OGC

Parallèlement aux standards OGC, un schéma de facto s'impose par sa simplicité : le schéma XYZ, popularisé par Google Maps et OpenStreetMap. L'URL d'une tuile suit le pattern https://tile.openstreetmap.org/{z}/{x}/{y}.png où z est le niveau de zoom (0–22) et x, y la position dans la grille de Mercator. Ce schéma est directement supporté par Leaflet, Mapbox GL et tous les frameworks cartographiques modernes. Il n'a pas de spécification formelle OGC mais est devenu un standard de facto universel.

Partie 4 — Ère 3 : La performance vectorielle web (2014–2019)

En 2013–2014, la carte web est confrontée à un mur de performance. Les tuiles raster gèrent parfaitement les fonds de carte statiques, mais posent deux problèmes majeurs : elles ne sont pas interactives, et elles doivent être régénérées entièrement si le style change. WebGL, disponible dans les navigateurs depuis 2011 et stable depuis 2013, ouvre une nouvelle possibilité : utiliser le GPU du client pour le rendu cartographique. Si on envoie des données vectorielles brutes au client et qu'on les rend avec WebGL, le style peut être modifié en temps réel côté client sans régénérer les tuiles. C'est cette idée qui donne naissance aux vector tiles.

Ère 3 — GPU vectoriel · 2014 · Vector tiles

MVT — Mapbox Vector Tiles

Le standard de performance web vectoriel — binaire, GPU-ready, universel

Mapbox Protocol Buffers (protobuf) Grille 4096×4096 par tuile Statut 2026 : Standard dominant ✅

Architecture technique

Une tuile MVT est un fichier binaire encodé en Protocol Buffers. Elle contient des layers (couches thématiques : routes, bâtiments, eau), des features (entités avec attributs), des géométries (coordonnées entières relatives à la grille 0–4096) et des clés/valeurs compressées (les attributs strings sont dédupliqués via un dictionnaire interne). Le fichier est encodé row-based — limitation que MLT résoudra.

L'écosystème MVT — pourquoi il a tout conquis

CatégorieOutils / Librairies
Génération serveurTippecanoe · Planetiler · PostGIS ST_AsMVT · Martin · pg_tileserv
Rendu client webMapbox GL JS · MapLibre GL JS · OpenLayers · Deck.gl
Rendu client mobileMapbox Maps SDK · MapLibre Native (iOS, Android)
Serveur de tuilesTileServer GL · Martin · tegola · pg_tileserv
StockageMBTiles · PMTiles · S3/CDN
BureauQGIS — support direct des sources MVT
ForcesLimites
Style modifiable côté client en temps réelRow-based — décodage moins efficace pour gros volumes
Interactif — clic sur features, filtres clientsPas de support 3D natif (altitude)
Cachable sur CDN comme les tuiles rasterPas de support des types complexes (nested)
Écosystème massif et maturePas pensé pour WebGPU (latence de décodage)
✅
Statut 2026

MVT est le standard dominant pour le rendu vectoriel web. Il est déployé sur toutes les grandes plateformes cartographiques (Mapbox, Google Maps, HERE, Esri). Son successeur MLT est en cours d'adoption mais MVT restera dominant pendant plusieurs années encore.

Ère 3 — GPU vectoriel · 2014 · Fichier desktop

GeoPackage

Le Shapefile moderne enfin — SQLite standardisé par l'OGC

OGC SQLite — 1 seul fichier .gpkg Multi-couches · UTF-8 · ACID Statut 2026 : Standard desktop ✅

GeoPackage est publié par l'OGC en 2014 comme remplacement officiel du Shapefile. Un GeoPackage est une base SQLite avec une structure de tables normalisée : gpkg_contents (métadonnées des couches), gpkg_geometry_columns (description des colonnes géométriques), gpkg_spatial_ref_sys (projections), tables métier avec géométries WKB + attributs typés, et tables optionnelles pour les tuiles raster.

CritèreShapefileGeoPackage
Nombre de fichiersMinimum 3 (.shp, .shx, .dbf)1 seul fichier .gpkg
Noms de colonnes10 caractères maxIllimités
Taille max2 Go1,1 To (spec OGC)
Types de donnéesLimités dBASE IIISQL complet (INTEGER, REAL, TEXT, BLOB, DATE)
Valeurs NULLAmbiguës (0 = null)NULL SQL natif
Multi-couchesUn fichier par couchePlusieurs couches dans un seul fichier
TransactionsNonOui (SQLite ACID)
EncodageAmbigu (Latin-1 ou UTF-8)UTF-8 garanti
✅
Statut 2026

GeoPackage est le format recommandé pour l'échange et le stockage desktop. QGIS, ArcGIS Pro, FME, GDAL le supportent tous. Il n'est pas adapté au rendu web direct — c'est son rôle : remplacer Shapefile dans les workflows bureautiques.

Ère 3 — GPU vectoriel · 2019 · Streaming vectoriel

FlatGeobuf

Streaming binaire avec index spatial — le format méconnu

Björn Harrtell et al. FlatBuffers (Google) Index Hilbert R-Tree intégré HTTP Range Requests Statut 2026 : Technique solide, adoption limitée

FlatGeobuf répond à un problème spécifique : diffuser un grand jeu de données vectorielles sur le web en permettant des requêtes spatiales sans serveur. GeoJSON nécessite de charger le fichier entier. FlatGeobuf intègre un index Hilbert R-Tree directement dans le fichier, permettant des requêtes bbox en n'accédant qu'aux octets pertinents via HTTP Range Requests. Structure : Header (schéma, CRS, emprise), Index spatial, Features ordonnées selon la courbe de Hilbert.

ForcesLimites
Streaming spatial sans serveur (HTTP Range)Support limité dans les navigateurs web
Index spatial intégré — requêtes O(log n)Peu de tooling grand public
Format binaire compactPas adapté au rendu cartographique (pas de tiles)
Support GDAL/OGR completAdoption freinée par écosystème client limité

Ère 3 — GPU vectoriel · 2019 · API REST

OGC API Features

REST moderne — le successeur officiel de WFS

OGC REST · JSON · OpenAPI 3.0 Pagination native · Filtrage CQL2 Statut 2026 : Standard recommandé ✅

OGC API Features est conçu selon les principes REST modernes : URLs lisibles (/collections/{id}/items/{featureId}), JSON natif (GeoJSON par défaut), pagination via liens next/prev, filtrage CQL2, documentation OpenAPI auto-générée, et rendu HTML pour la navigation humaine.

OGC API Features — exemple de requête
// Lister les communes de plus de 10 000 habitants dans une emprise
GET /collections/communes/items
  ?bbox=2.0,48.5,3.0,49.0
  &filter=population>10000
  &limit=100
  &offset=0

// Accéder à une feature spécifique
GET /collections/communes/items/75056

// Implémenter dans pygeoapi (Python)
// GeoServer, ldproxy, 52°North — implémentations disponibles
ForcesLimites
REST JSON moderne — accessible aux développeurs webMaturité variable selon les implémentations
Pagination nativeMoins de fonctionnalités transactionnelles que WFS-T
Documentation OpenAPI auto-généréeAdoption encore partielle dans les outils bureau
Standard OGC — interopérabilité garantiePart 4 (édition) encore en développement
✅
Statut 2026

OGC API Features est le standard recommandé pour exposer des données vectorielles via API. GeoServer, pygeoapi, ldproxy, 52°North l'implémentent. Pour un nouveau projet API géospatiale en 2026, c'est le choix de référence.

Ère 3 — GPU vectoriel · 2022 · Distribution CDN

PMTiles

Single-file tile archive — CDN sans serveur

Protomaps — Brandon Liu HTTP Range Requests Compatible MVT + MLT Statut 2026 : Adoption rapide ✅

Servir des tuiles cartographiques a longtemps nécessité un serveur dédié. PMTiles supprime ce besoin : le format organise toutes les tuiles dans un fichier unique avec un index spatial en en-tête. Pour récupérer une tuile, le client envoie une requête HTTP Range pour télécharger uniquement les octets correspondants. Les CDN et stockages objets supportent nativement les Range Requests.

📌
PMTiles dans l'écosystème MLT

PMTiles est format-agnostique : il peut contenir des tuiles MVT (Protocol Buffers) ou des tuiles MLT (le nouveau format de 2026). La combinaison PMTiles + MLT représente l'architecture serverless la plus performante disponible en 2026.

✅
Statut 2026

PMTiles est en adoption rapide. Il est devenu le format de distribution recommandé pour les applications cartographiques légères et les projets open data. Son intégration dans Planetiler et le support natif dans MapLibre GL JS en font une option de production crédible.

Partie 5 — Ère 4 : Cloud, Big Data et WebGPU (2020–2026)

Deux tendances convergent au début des années 2020. D'un côté, le volume de données géospatiales explose : satellites Sentinel et Landsat en open access, données ADS-B, traces de smartphones, LiDAR des villes. Les formats binaires compacts orientés colonnes (Apache Parquet, Arrow) dominent l'ingénierie des données — il devient naturel de les étendre au domaine spatial. De l'autre côté, WebGPU arrive dans les navigateurs — successeur de WebGL, il ouvre des possibilités nouvelles pour le rendu cartographique si le format des données est adapté à la structure GPU.

Ère 4 — Cloud-native · 2016 (adoption ~2020) · Raster cloud

COG — Cloud Optimized GeoTIFF

Le raster cloud-native — streaming partiel sans serveur

OSGeo / Cloud Native Geo HTTP Range Requests Tuiles internes + aperçus pré-calculés Standard ESA/USGS/NASA Statut 2026 : Standard cloud raster ✅

GeoTIFF standard présente un problème pour le cloud : pour accéder à une petite zone d'une image de 10 Go, un client doit télécharger le fichier entier. COG résout ce problème avec HTTP Range Requests — la même technique que PMTiles. Un COG est un GeoTIFF réorganisé avec deux caractéristiques clés : tuiles internes (256×256 ou 512×512 px, répertoire d'offsets en en-tête) et aperçus pré-calculés (plusieurs niveaux de résolution dans le même fichier).

💡
Impact concret — Sentinel-2 (~500 Mo par bande)

Visualisation d'une ville (zoom 15) avec COG sur S3 : ~200 Ko téléchargés.
Vue continentale (zoom 6) : ~50 Ko (aperçu basse résolution).
Sans COG (GeoTIFF classique) : 500 Mo à télécharger pour chaque accès.

RôleOutils
GénérationGDAL gdal_translate -co TILED=YES -co COPY_SRC_OVERVIEWS=YES · rio-cogeo
StockageAWS S3 · Google Cloud Storage · Azure Blob (Range Requests natifs)
Serveurrio-tiler · TiTiler (FastAPI) · Terracotta
Client Pythonrasterio · stackstac (time series)
CatalogageSTAC (SpatioTemporal Asset Catalog)
✅
Statut 2026

COG est devenu le standard de facto pour la donnée raster cloud. Les agences spatiales (ESA, USGS, NASA) distribuent leurs archives en COG. STAC + COG forme l'architecture de référence pour les plateformes de données satellitaires.

Ère 4 — Cloud-native · 2021 / spec 1.0 sept. 2023 · Data engineering

GeoParquet

Apache Parquet pour le spatial — le Big Data géospatial

Joris Van den Bossche · Kyle Barron · Dewey Dunnington et al. Géométries WKB dans colonne bytes Standard Overture Maps Foundation Statut 2026 : Adoption rapide ✅

Apache Parquet s'est imposé comme le format standard du data engineering : orienté colonnes, compressé, optimisé pour les requêtes analytiques. GeoParquet l'étend avec une convention pour stocker des géométries (en WKB dans une colonne bytes) et des métadonnées géospatiales (CRS, emprise, type) dans les métadonnées Parquet. DuckDB, Spark, BigQuery, Pandas, Polars — tous le lisent nativement.

SQL — DuckDB + GeoParquet (requête spatiale)
-- Compter les bâtiments dans Paris intra-muros
LOAD spatial;

SELECT COUNT(*) FROM read_parquet('buildings.parquet')
WHERE ST_Within(
  geometry,
  ST_GeomFromText('POLYGON((2.224 48.815, 2.469 48.815,
                             2.469 48.902, 2.224 48.902,
                             2.224 48.815))')
);
-- Sur 100 millions de bâtiments : résultat en ~2 secondes
-- Sans infrastructure serveur, directement sur fichier local ou S3

-- Lire depuis Cloudflare R2 / S3 sans téléchargement complet
SELECT name, ST_Area(geometry) as area_m2
FROM read_parquet('s3://bucket/communes.parquet')
WHERE ST_Intersects(geometry, ST_GeomFromText('POINT(2.35 48.86)'))
LIMIT 10;

Architecture column-oriented — pourquoi c'est révolutionnaire

1

Compression par colonne

  • Une colonne d'attributs du même type compresse 5 à 20× mieux
  • Compression RLE, Dictionary, Zstd par colonne
2

Lecture partielle

  • 3 colonnes sur 50 = lecture de seulement 6% des données
  • HTTP Range Requests compatible (S3, R2)
3

Pushdown de prédicats

  • Statistiques min/max par row group
  • Blocs entiers sautés sans lecture
4

Compatibilité universelle

  • DuckDB, Spark, BigQuery, Pandas, Polars
  • Overture Maps distribue en GeoParquet
ForcesLimites
Requêtes analytiques massives ultra-rapidesPas adapté au rendu cartographique direct
Compressé et compactPas de mise à jour partielle (append ou régénération)
Écosystème data engineering universelIndex spatial moins efficace que PostGIS pour requêtes complexes
Compatible DuckDB, Spark, BigQuery, PolarsCourbe d'apprentissage data stack
✅
Statut 2026

GeoParquet est en adoption rapide dans les pipelines data engineering spatial. Overture Maps Foundation distribue l'intégralité de ses données mondiales (bâtiments, routes, lieux) en GeoParquet. C'est devenu le format de référence pour les pipelines ETL géospatiaux.

Ère 4 — Cloud-native · 2023 · Mémoire GPU

GeoArrow

Apache Arrow pour le spatial — le pont entre mémoire et GPU

Kyle Barron · Joris Van den Bossche · Dewey Dunnington et al. Zero-copy CPU→GPU Buffers Arrow alignés mémoire Statut 2026 : Émergent stratégique ⚡

Apache Arrow est le standard de représentation des données analytiques en mémoire : un format orienté colonnes avec un buffer mémoire commun partageable entre processus (zero-copy). GeoArrow définit une extension Arrow native pour les géométries stockées directement dans des buffers Arrow typés. L'intérêt fondamental : les coordonnées géométriques sont dans des buffers numériques qui peuvent être transférés au GPU sans conversion. Dans le contexte WebGPU, les vertex buffers GPU attendent exactement ce format.

ForcesLimites
Zero-copy entre CPU et GPUSpécification encore jeune (2023)
Interopérabilité Python (geopandas, shapely 2.0)Adoption limitée hors du monde Python data
Performances SIMD sur opérations géométriquesÉcosystème en construction
⚡ Statut 2026 : GeoArrow est émergent mais stratégique. Il forme le lien entre GeoParquet (stockage) et les moteurs de rendu GPU (WebGPU, deck.gl). À surveiller comme brique fondamentale de la prochaine génération de visualisation géospatiale.

Ère 4 — Cloud-native · 2025–2026 · Vector tiles WebGPU

MLT — MapLibre Tile

Le vector tile conçu pour WebGPU — la prochaine ère commence

MapLibre / Microsoft / AWS Column-oriented encoding SIMD + WebGPU natif Coordonnées 3D natives Statut 2026 : Adoption précoce ⚡

Genèse et contexte

En 2014, MVT a résolu le rendu vectoriel web avec WebGL. En 2026, MLT résout le problème suivant : MVT a été conçu quand les volumes correspondaient à une ville. Douze ans plus tard, trois contraintes ont changé : volumes planet-scale (Overture Maps, LiDAR nationaux), WebGPU (nécessite des données structurées différemment de WebGL), et l'efficacité du row-based vs column-based.

Architecture technique — la différence column-oriented

Structure mémoire — MVT row-based vs MLT column-oriented
// MVT — Row-based : chaque feature est un bloc complet
Feature 1: [geometry] [name: "rue de Rivoli"]   [class: "primary"]   [oneway: true]
Feature 2: [geometry] [name: "bd Haussmann"]     [class: "secondary"] [oneway: false]
Feature 3: [geometry] [name: "rue du Faubourg"]  [class: "primary"]   [oneway: true]
// → Lire "class" de toutes les features = parcourir toute la structure

// MLT — Column-oriented : chaque attribut est un tableau contigu
col_geometry : [geom1_bytes] [geom2_bytes] [geom3_bytes] ...
col_name     : ["rue de Rivoli"] ["bd Haussmann"] ["rue du Faubourg"] ...
col_class    : ["primary"] ["secondary"] ["primary"] ...
col_oneway   : [true] [false] [true] ...
// → Lire "class" = lire un seul tableau contigu → SIMD possible
// → Compression RLE : ["primary","secondary","primary"] → très efficace

Performances mesurées (benchmarks OSM)

MétriqueMVTMLTAmélioration
Taille tuile (OSM planet dense)100%20–35%Jusqu'à 6× plus petit
Décodage JS (sans SIMD)100%~50%2× plus rapide
Décodage avec SIMD CPU100%~30%3× plus rapide
Transfert CPU→GPU (WebGPU)Conversion requiseDirect (aligned buffers)Latence réduite significativement
Support types complexesLimitéNested, lists, mapsExtension fonctionnelle
Coordonnées 3DNon natifOui (élévation)Nouvelle capacité

Fonctionnalités étendues

MLT ajoute des capacités structurelles absentes de MVT : coordonnées 3D natives (altitude comme type de première classe — bâtiments extrudés, terrain, LiDAR), nested types (attributs contenant objets ou listes — horaires OSM, relations routières), linear referencing et M-values (positionnement kilométrique pour les données routières), et maps et listes pour les attributs polymorphes.

Guide de décision MLT vs MVT

ContexteRecommandationRaison
Application web standard, données modéréesMVTÉcosystème mature, tooling riche
Volume planet-scale, performance critiqueMLTCompression 3–6×, décodage 2–3× plus rapide
Rendu WebGPU avancéMLTBuffers alignés GPU, moins de conversion
Données 3D / élévationMLTSupport natif 3D
Contrainte de compatibilité maximaleMVTSupport universel tous serveurs/clients
Projet greenfield haute performance 2026+MLT + PMTilesArchitecture optimale 2026
⚡
Statut 2026 — MLT

MLT est en phase d'adoption précoce. Les implémentations MapLibre sont disponibles et stables, mais l'écosystème de génération côté serveur est encore limité. Pour la production standard, MVT reste le choix sûr. MLT est le choix optimal pour les applications hautes performances, les gros volumes, et les projets WebGPU. Projection : maturité comparable à MVT d'ici 2028–2029.

Partie 6 — Formats 3D, LiDAR et Nuages de Points

La troisième dimension s'est imposée avec la démocratisation du LiDAR aéroporté et les besoins des smart cities et du BIM. Ces formats répondent à des problématiques radicalement différentes des formats 2D : volumétrie massive (des milliards de points pour un scan LiDAR), modélisation sémantique des bâtiments, visualisation 3D temps réel de scènes urbaines.

Formats LiDAR · LAS : 2003 / LAZ : 2010–2011

LAS / LAZ — et COPC

Le standard LiDAR — des milliards de points géoréférencés

ASPRS (LAS) · Martin Isenburg / LASzip (LAZ) LAZ : compression lossless ~75–85% COPC : cloud-native (HTTP Range) Statut 2026 : Standard LiDAR ✅

LAS est publié par l'ASPRS en 2003 pour les nuages de points LiDAR (coordonnées XYZ, intensité, classification, timestamp). LAZ (vers 2010–2011 par Martin Isenburg) est la version compressée sans perte : réduction de 70 à 85% sans sacrifier la précision. LAZ est aujourd'hui le format standard de distribution. Un successeur émerge : COPC (Cloud Optimized Point Cloud) — applique à LAS la même idée que COG à GeoTIFF, avec un index spatial permettant des requêtes partielles via HTTP Range Requests.

CaractéristiqueLASLAZ
CompressionNonOui (lossless, ~75–85% de réduction)
DécodageDirectDécompression requise (LASzip lib open source)
Support logicielsUniverselUniversel
Usage recommandéTraitement local intensifDistribution, stockage, archivage

Formats 3D · 2015 / OGC Standard 2022

3D Tiles

Visualisation 3D massive — smart city et jumeaux numériques

Cesium Inc. Streaming hierarchique (octree/quadtree) glTF 2.0 (v1.1) Statut 2026 : Standard jumeau numérique ✅

Comment visualiser une ville entière en 3D dans un navigateur ? Les modèles BIM d'un quartier peuvent contenir des millions de triangles. 3D Tiles résout ce problème avec un streaming hiérarchique basé sur un arbre spatial (octree ou quadtree) : les tuiles les plus grossières sont chargées en premier, puis raffinées à mesure que l'utilisateur se rapproche. Chaque nœud peut contenir des meshes 3D glTF (bâtiments), des nuages de points LiDAR, ou des objets instanciés (arbres, lampadaires).

Formats 3D · 2002 / OGC 1.0 en 2008

CityGML / CityJSON

Modélisation urbaine sémantique — le BIM du SIG

OGC 5 niveaux de détail LoD 0→4 CityJSON (2019) : version JSON moderne Statut 2026 : Institutionnel + smart city

CityGML représente non seulement la géométrie des bâtiments, mais aussi leur structure sémantique (toits, murs, portes, fenêtres), leurs attributs (usage, date de construction) et leurs relations. Il définit cinq niveaux de détail LoD 0 (empreinte au sol) à LoD 4 (modèle intérieur complet). La plupart des projets smart city utilisent LoD 2. Sa complexité XML est un frein — CityJSON (2019) est la version JSON qui gagne en popularité.

Formats 3D / BIM · 1997 / IFC 4.3 : avril 2021

IFC — Industry Foundation Classes

Le standard BIM — la convergence avec le SIG

buildingSMART International IFC 4.3 : géolocalisation native Convergence BIM-GIS active Statut 2026 : Standard BIM incontournable ✅

IFC est le standard d'échange du BIM. Un modèle IFC contient la géométrie précise d'un bâtiment avec ses métadonnées (matériaux, propriétés thermiques, coûts). IFC 4.3 intègre nativement la géolocalisation. La chaîne IFC → CityGML/CityJSON → 3D Tiles pour la visualisation web est maintenant opérationnelle.

WorkflowDescription
IFC → GeoPackageExtraction des empreintes et attributs pour SIG bureautique
IFC → CityJSON/CityGMLModélisation urbaine avec sémantique BIM
IFC → 3D TilesVisualisation web via CesiumJS / iTwin
IFC + PostGISRequêtes spatiales sur composants BIM

Partie 7 — Formats Scientifiques et Climatiques

Les sciences de la Terre produisent des données multidimensionnelles qui dépassent le cadre classique du SIG 2D : données climatiques sur une grille régulière avec une dimension temporelle, profils océanographiques avec une dimension de profondeur, données de modèle atmosphérique sur plusieurs niveaux de pression.

Formats scientifiques · 1989 · Climatologie / océanographie

NetCDF — Network Common Data Form

Le standard des données climatiques et océanographiques

Unidata (UCAR) Variables n-dimensionnelles NetCDF-4 basé sur HDF5 Statut 2026 : Standard ECMWF/Copernicus ✅

NetCDF est un format binaire auto-descriptif pour les données scientifiques multidimensionnelles. Il contient des variables (tableaux n-dimensionnels), des dimensions (latitude, longitude, temps, altitude) et des attributs. Un fichier de prévisions météo peut contenir : dimensions lat[721] × lon[1440] × time[240] × pressure_level[37] avec les variables temperature, wind_u, wind_v, humidity — soit ~37 milliards de valeurs dans un seul fichier. NetCDF-4 (basé sur HDF5) supporte la compression interne, l'accès parallèle et les groupes de variables. Les librairies Python xarray et netCDF4-python permettent une manipulation expressive.

Formats scientifiques · 1998 · Données volumineuses

HDF5 — Hierarchical Data Format 5

Conteneur scientifique universel

The HDF Group Groupes + datasets n-dimensionnels NetCDF-4 construit sur HDF5 Statut 2026 : LiDAR aéroporté + simulation

HDF5 organise les données en groupes (comme des répertoires) et datasets (tableaux n-dimensionnels), avec compression, chunking et accès parallèle. NetCDF-4 est construit sur HDF5. HDF5 est utilisé pour les données de télédétection (HDF-EOS pour MODIS/VIIRS), les données LiDAR aéroportées et les données de simulation numérique.

Partie 8 — Formats CAD dans l'écosystème géospatial

La frontière entre CAD et SIG s'est progressivement estompée. Les projets d'infrastructure (routes, réseaux, bâtiments) sont souvent conçus en CAD puis intégrés dans des systèmes SIG pour la gestion patrimoniale, la maintenance et l'analyse territoriale.

Formats CAD · DXF : 1982 / DWG : 1982 · Construction & infrastructure

DXF / DWG

Le format CAD dominant — incontournable en construction

Autodesk DWG : binaire propriétaire DXF : échange texte/binaire Statut 2026 : Incontournable construction ✅

DWG est le format natif binaire d'AutoCAD (propriétaire, spécification partiellement publique). DXF est la version d'échange texte publiée par Autodesk pour l'interopérabilité. L'intégration CAD-SIG pose plusieurs défis : coordonnées relatives (pas géographiques), structure en couches et blocs (pas en features typées), géométries complexes (splines, arcs, NURBS), et attributs dans les blocs à mapper vers des attributs SIG.

Le flux CAD → SIG en pratique

1

Export DXF depuis AutoCAD

Sélection des calques pertinents, nettoyage des entités inutiles.

2

Import QGIS ou FME

Conversion des entités CAD en features SIG, mapping des attributs de blocs.

3

Géoréférencement

Application de la transformation de coordonnées locale → Lambert 93 / WGS84.

4

Nettoyage topologique

Fermeture des polygones, correction des doublons, nœuds.

5

Chargement PostGIS

Vers une base de données spatiale pour la gestion patrimoniale et la GMAO.

→
Pertinence Odoo-AutoCAD

Dans le contexte d'un ERP de gestion industrielle ou de construction (Odoo), l'intégration AutoCAD-SIG permet de lier les plans d'équipement (blocs AutoCAD) aux fiches produits et nomenclatures (BOM) de l'ERP. Un bloc AutoCAD représentant une pompe peut référencer directement le composant Odoo correspondant avec son stock, sa maintenance planifiée et son historique d'interventions.

Partie 9 — Guide décisionnel complet

Ce guide synthétise les recommandations pratiques de l'ensemble du document. Il est conçu pour être utilisé comme référence rapide lors d'un choix architectural.

9.1 Matrice décisionnelle par cas d'usage

Cas d'usage Volume Format recommandé Alternative
POI simples (restaurants, commerces)<5 000GeoJSON via API RESTCSV + coordonnées
Données de localisation légères<50 000GeoJSON ou OGC API FeaturesFlatGeobuf
Application web interactive<100 000MVT (tiles) + PostGISGeoJSON paginé
Cartographie volumineuse web>100 000MVT ou MLTPMTiles + MVT/MLT
Haute performance / WebGPUTout volumeMLT + PMTilesMVT si MLT non disponible
Portail institutionnel OGCVariableOGC API FeaturesWFS 2.0
Fond de carte statiquePlanet-scaleXYZ raster ou PMTiles rasterWMTS
Échange bureautique / QGISTout volumeGeoPackageShapefile (legacy)
Export / archivageTout volumeGeoPackage ou ShapefileGeoJSON si petit
Pipeline data engineering>1 millionGeoParquet + DuckDBPostGIS
Analyse massive spatialeTéraoctetsGeoParquet (Spark/BigQuery)PostGIS partitionné
Données raster cloudTout volumeCOG (Cloud Optimized GeoTIFF)GeoTIFF local
Streaming raster partielTout volumeCOG sur S3/CDNWMS avec cache
Données GPS terrainN/AGPXGeoJSON
Nuage de points LiDARMilliards de pointsLAZ (stockage) / COPC (cloud)LAS local
Visualisation 3D bâtimentsUrbain3D Tiles via CesiumJSCityJSON + Three.js
BIM géolocaliséBâtimentIFC → 3D TilesIFC → CityGML
Données climatiquesMultidimensionnelNetCDFHDF5
Plans CAD → SIGN/ADXF → GeoPackage via QGIS/FMEDWG → PostGIS

9.2 Arbre de décision — Format vectoriel web

9.3 Compatibilité par logiciel

Logiciel / FrameworkFormats supportés nativement
QGISGeoPackage, Shapefile, GeoJSON, WMS, WFS, OGC API, MVT, GeoTIFF, LAZ
ArcGIS ProGeoPackage, Shapefile, GeoJSON, WMS, WFS, MVT, GeoTIFF
Leaflet.jsGeoJSON, WMS, XYZ raster — via plugins : MVT, WFS
MapLibre GL JSMVT, MLT, GeoJSON, XYZ raster, PMTiles, GeoTIFF (raster source)
Mapbox GL JSMVT, GeoJSON, XYZ raster
CesiumJS3D Tiles, KML, GeoJSON, WMS, WMTS, Terrain quantized-mesh
deck.glGeoJSON, MVT, GeoArrow, GeoParquet (via loaders.gl)
PostGISImport/export : GeoJSON, Shapefile, GeoPackage, WKB, WKT
GDAL/OGR200+ formats — référence universelle
osmium-toolOSM PBF (lecture, écriture, filtrage, conversion GeoJSON/GeoPackage)
Python geopandasShapefile, GeoJSON, GeoPackage, GeoParquet, PostGIS, FlatGeobuf
DuckDB spatialGeoParquet, GeoJSON, Shapefile, WKT, WKB

9.4 Cinq scénarios architecturaux types

Scénario 1

Application web légère

<5 000 entités · POI, capteurs IoT, annuaire

PostgreSQL + PostGIS
↓
API REST / OGC API Features
↓
GeoJSON → Leaflet / MapLibre

Infrastructure : VPS simple, pas de tile server

Scénario 2

Portail institutionnel OGC

Open data collectivité · INSPIRE · Géoportail

PostgreSQL + PostGIS
↓
GeoServer / pygeoapi (OGC API)
↓
GeoJSON + MVT → OpenLayers

Infrastructure : serveur dédié, Docker

Scénario 3

Haute performance >100k

Réseaux infrastructure · Mobilité urbaine · Tracking

PostGIS + index GiST
↓
Tippecanoe / Planetiler → PMTiles
↓
MVT → MapLibre GL JS

Infrastructure : Serverless tiles (R2/S3), API légère

Scénario 4

Pipeline data engineering

Satellitaire · Mobilité nationale · ETL géospatial

GeoParquet sur S3
↓
DuckDB (single) / Spark (distribué)
↓
PMTiles (rendu) · GeoParquet (analytics)

Infrastructure : cloud object storage + orchestration Airflow/Prefect

Scénario 5

Jumeau numérique / Smart City

Maquette numérique · Patrimoine bâti · Smart city

IFC 4.3 géolocalisé (BIM source)
↓
FME / py3dtiles → 3D Tiles
↓
CesiumJS (3D) + MapLibre (2D) + Odoo ERP

Infrastructure : Cesium ion / iTwin / self-hosted

Partie 10 — Architectures de référence 2026

Cette partie présente les stacks techniques recommandées par profil d'usage. Le socle commun incontournable reste PostgreSQL + PostGIS : maturité, richesse fonctionnelle (ST_Intersects, ST_Buffer, ST_AsMVT), écosystème universel (GDAL, QGIS, GeoServer, SQLAlchemy).

10.2 Architecture standard — PME / Startup

CoucheTechnologie recommandéeAlternative
Base de donnéesPostgreSQL 16 + PostGIS 3.4SQLite + SpatiaLite (si offline)
API donnéesFastAPI + GeoJSON / OGC API (pygeoapi)Express.js + Knex
Génération tilespg_tileserv ou Martin (MVT dynamique)Tippecanoe (statique)
Distribution tilesPMTiles sur Cloudflare R2MBTiles + TileServer GL
FrontendMapLibre GL JSLeaflet + plugins
StyleMapLibre Style Spec (JSON)Maputnik (éditeur visuel)
Fond de carteOpenMapTiles (PMTiles)Maptiler Cloud

10.3 Architecture cloud-native — volumétrie élevée

CoucheTechnologieJustification
Stockage données brutesGeoParquet sur S3 / R2Columnar, coût minimal
Traitement ETLDuckDB + spatial extensionSQL massif sans infra serveur
Base opérationnellePostgreSQL + PostGIS (RDS ou Supabase)ACID, fonctions spatiales
Tiles vectoriellesPlanetiler → PMTiles (MLT ou MVT)Génération offline, distribution CDN
Tiles rasterCOG + TiTiler sur Lambda/Cloud RunServerless, auto-scaling
APIOGC API Features (pygeoapi)Interopérabilité OGC
FrontendMapLibre GL JS + deck.glPerformance GPU, grandes données
CDNCloudflare R2 + WorkersLatence globale minimale

10.4 Architecture institutionnelle / OGC-compliant

CoucheTechnologieJustification
Serveur OGCGeoServer 2.x ou MapServerWMS, WFS, WMTS, OGC API
Base de donnéesPostgreSQL + PostGISStandard de production
Formats sortieGML/GeoJSON (WFS), PNG/JPEG (WMS)Interopérabilité OGC
Portail de donnéesGeoNode ou CKAN avec plugin géoOpen data, catalogue INSPIRE
FrontendOpenLayers (support OGC natif)Standards complets
MétadonnéesGeoNetwork (CSW)Catalogue INSPIRE-compliant

Partie 11 — Tendances et horizon 2030

Les tendances identifiées ici ne sont pas spéculatives — elles sont déjà visibles en 2026, certaines en phase de production, d'autres en adoption précoce. Elles permettent d'anticiper les choix architecturaux pour les 3 à 5 prochaines années.

Tendance 1 — WebGPU comme nouveau terrain de jeu

Rendu avancé et compute spatial côté client

WebGPU est disponible dans Chrome, Firefox et Safari depuis 2023–2024. Pour le SIG web, cela ouvre le rendu 3D physiquement réaliste, le compute spatial côté client (agrégation, clustering, interpolation exécutés sur GPU dans le navigateur) et des transferts de données optimisés vers le GPU. MLT est le premier format tile conçu pour WebGPU. GeoArrow fournit les buffers alignés pour les transferts CPU→GPU. Horizon 2030 : analyses spatiales complexes sur des millions d'entités en quelques millisecondes, sans serveur.

Tendance 2 — Convergence BIM-GIS accélérée

Jumeaux numériques nationaux et IFC géolocalisé

Les projets de jumeau numérique national (France DGALN, Singapour, Dubai) poussent la convergence BIM-GIS vers une maturité industrielle. IFC 4.3 géolocalisé supprime le besoin de transformation manuelle. La collaboration OGC-buildingSMART converge vers des standards communs IFC-CityGML. Dans les ERP (Odoo), l'intégration des référentiels géospatiaux dans la gestion patrimoniale et la GMAO devient un standard.

Tendance 3 — GeoParquet + DuckDB : le spatial sans infrastructure

Démocratisation de l'analyse spatiale massive

La combinaison GeoParquet + DuckDB permet d'exécuter des requêtes spatiales analytiques sur des centaines de millions d'entités sur un simple laptop, sans base de données serveur. DuckDB-WASM permet d'exécuter des requêtes GeoParquet dans le navigateur. GeoParquet sur S3 + DuckDB = pipeline ETL spatial sans serveur, scalable et économique.

Tendance 4 — PMTiles + CDN : la fin des tile servers ?

Architecture serverless pour les données statiques

Pour les projets n'ayant pas besoin de tiles dynamiques, PMTiles est probablement l'architecture optimale. Coût : fraction d'un tile server dédié, performances comparables grâce au réseau edge. Limite actuelle : pas de mises à jour partielles (régénération du fichier entier requise), pas de tiles dynamiques. Pour les données temps réel (tracking, IoT), un tile server reste nécessaire.

Tendance 5 — L'IA spatiale et ses implications

Segmentation satellite, embeddings géospatiaux, génération de tiles

Les modèles de segmentation (SAM, SegmentAnything) produisent des géométries vectorielles — GeoParquet avec GeoArrow est adapté. Les embeddings géospatiaux (représentations vectorielles ML de zones géographiques pour la recherche par similarité) nécessitent des extensions des formats existants. Les modèles de diffusion génèrent des fonds de carte stylisés via le MapLibre Style Spec.

11.6 Synthèse — Les formats à surveiller d'ici 2030

Format / TechnologieTrajectoireHorizon
MLT (MapLibre Tile)Adoption croissante, écosystème en développement2027–2028 : maturité production
GeoParquetAdoption rapide, standard Overture Maps. Spec 1.0 publiée 2023.Déjà en production massive
PMTilesStandard serverless tile, adoption en cours2026–2027 : standard de facto
COPCStandard LiDAR cloud émergent2027 : adoption institutionnelle
GeoArrowBrique fondamentale GPU, adoption Python2027 : standard data-GPU
OGC API Tiles / MapsSuccesseur WMTS/WMS, standard OGC futur2028 : remplacement progressif
ShapefileDéclin continu mais lent2035+ : fin de vie dans les nouvelles API
WFS 1.x/2.xRemplacement par OGC API Features2028 : marginalisé dans les nouveaux projets

Conclusion générale

En parcourant trente ans d'évolution des formats géospatiaux — du Shapefile des années 1990 à MLT en 2026 — une trajectoire se dessine avec une clarté remarquable : chaque génération de formats répond à un changement structurel du contexte technologique et des usages.

Le SIG desktop des années 1990 avait besoin de formats stables pour des logiciels spécialisés — Shapefile et GeoTIFF ont parfaitement rempli ce rôle. L'explosion du web cartographique a exigé des formats JSON-natifs — GeoJSON a répondu et reste dominant pour sa niche. La révolution WebGL de 2014 a donné naissance à MVT et l'écosystème des tuiles vectorielles. Aujourd'hui, en 2026, WebGPU, GeoParquet, PMTiles et MLT posent les bases de la quatrième ère.

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Ce qu'il faut retenir

Il n'existe pas de format universel. Shapefile pour l'échange bureautique, GeoJSON pour les API légères, MVT/MLT pour le rendu web volumieux, GeoParquet pour l'analyse massive, COG pour le raster cloud — chaque format a sa niche optimale.

Le choix d'un format est un choix architectural. Il conditionne la performance, la scalabilité, les coûts d'infrastructure et la maintenabilité sur le long terme.

PostgreSQL + PostGIS reste le socle. Quelle que soit l'architecture cible, la base de données spatiale est le cœur du système. Les formats de distribution (MVT, PMTiles, GeoParquet) sont des couches au-dessus.

Investir dans les formats modernes maintenant. GeoParquet, PMTiles et MLT ne sont plus expérimentaux. Les projets démarrés aujourd'hui devraient les considérer comme des options de production sérieuses.

La maîtrise des formats géospatiaux est une compétence différenciante pour tout professionnel du SIG et de la transformation digitale. Elle permet de faire des choix éclairés, d'anticiper les évolutions technologiques et de concevoir des architectures qui résistent au temps.

— Mattieu Pottier, consultant SIG & transformation digitale, MP-i

Références et ressources

Standards et spécifications

OGC Standards Ensemble des standards OGC (WMS, WFS, OGC API Features, 3D Tiles…) ogc.org/standards
GeoJSON RFC 7946 Spécification officielle IETF du format GeoJSON IETF RFC 7946
MVT Spec Spécification Mapbox Vector Tiles (protobuf) github.com/mapbox
MLT Spec Spécification MapLibre Tile (column-oriented, WebGPU) github.com/maplibre
GeoParquet Spécification GeoParquet v1.0 — données géospatiales dans Apache Parquet geoparquet.org
PMTiles Documentation format PMTiles — single-file tile archive protomaps.com
COG Cloud Optimized GeoTIFF — spécification et outils cogeo.org
STAC SpatioTemporal Asset Catalog — standard de catalogage des COG stacspec.org

Librairies et outils de référence

GDAL/OGR La librairie de conversion géospatiale universelle — 200+ formats gdal.org
MapLibre GL JS Moteur de rendu open source MVT/MLT — fork de Mapbox GL JS maplibre.org
Tippecanoe Génération MVT haute qualité depuis GeoJSON/FlatGeobuf/PostGIS github.com/felt
Planetiler Génération MVT/MLT planet-scale depuis OSM PBF — très performant onthegomap/planetiler
DuckDB spatial SQL spatial sans serveur — extension géospatiale pour DuckDB duckdb.org
rasterio / rio-cogeo Création et validation de COG en Python cogeotiff.github.io
geopandas Géospatial Python DataFrame — GeoJSON, GeoPackage, GeoParquet geopandas.org
PostGIS Extension géospatiale pour PostgreSQL — référence production postgis.net
Overture Maps Données géospatiales mondiales ouvertes distribuées en GeoParquet overturemaps.org

Glossaire

BBox / Bounding Box
Emprise rectangulaire d'une géométrie ou d'une requête spatiale, définie par (minX, minY, maxX, maxY).
BIM
Building Information Modeling — modélisation numérique des bâtiments avec données sémantiques et géométriques. Standard IFC porté par buildingSMART.
CDN
Content Delivery Network — réseau de distribution de contenu avec serveurs en périphérie (edge). Utilisé pour distribuer les tiles PMTiles et COG à faible latence.
COG
Cloud Optimized GeoTIFF — GeoTIFF avec index interne permettant des requêtes partielles via HTTP Range Requests. Standard de fait pour le raster cloud en 2026.
Column-oriented
Structure de stockage où les données d'une même colonne sont contiguës en mémoire. Optimal pour les opérations analytiques (OLAP). Base de GeoParquet et MLT. Opposé de row-based.
COPC
Cloud Optimized Point Cloud — extension du format LAS avec index spatial HTTP Range compatible. Équivalent COG pour les données LiDAR.
CRS
Coordinate Reference System — système de référence de coordonnées (projection cartographique + datum). WGS84 (EPSG:4326) est obligatoire en GeoJSON RFC 7946.
DXF
Drawing Exchange Format — format d'échange CAD texte ou binaire, créé par Autodesk pour AutoCAD. Version ouverte de DWG pour l'interopérabilité SIG.
FlatGeobuf
Format binaire vectoriel avec index Hilbert R-Tree intégré. Permet des requêtes spatiales bbox via HTTP Range Requests sans serveur. Basé sur FlatBuffers (Google).
GeoArrow
Extension Apache Arrow pour les géométries spatiales. Buffers mémoire alignés permettant des transferts zero-copy CPU→GPU. Brique fondamentale pour WebGPU et deck.gl.
GeoJSON
Format JSON pour les données géographiques vectorielles, standardisé en RFC 7946. WGS84 obligatoire. Standard de facto pour les API REST géospatiales.
GeoPackage
Format fichier OGC basé sur SQLite. Successeur du Shapefile pour les échanges SIG desktop. Un seul fichier, multi-couches, UTF-8, ACID. Spec OGC 2014.
GeoParquet
Extension Apache Parquet pour les données géospatiales. Standard pour le data engineering spatial. Spec v1.0 publiée en septembre 2023. Adopté par Overture Maps Foundation.
GML
Geography Markup Language — format XML de l'OGC pour les données géospatiales. Verbeux (5–15× GeoJSON). Format sous-jacent de WFS. Remplacé par GeoJSON dans OGC API Features.
HTTP Range Requests
En-tête HTTP permettant de télécharger une partie d'un fichier (bytes spécifiques). Fondement technique de COG, PMTiles, FlatGeobuf et COPC — permet le streaming sans serveur.
IFC
Industry Foundation Classes — standard d'échange BIM de buildingSMART International. IFC 4.3 (2021) intègre la géolocalisation native. Pivot de la convergence BIM-GIS.
KML
Keyhole Markup Language — format XML de visualisation géographique, créé par Keyhole/Google pour EarthViewer. Standard OGC depuis 2008. Niche : annotations grand public.
LAZ
Compression lossless du format LAS pour les données LiDAR. Réduction ~75–85% de la taille sans perte de précision. Développé par Martin Isenburg (LASzip). Standard de distribution LiDAR.
LiDAR
Light Detection And Ranging — technique de mesure par laser produisant des nuages de points 3D géoréférencés avec intensité, classification et timestamp.
MLT
MapLibre Tile — format vector tile column-oriented, successeur de MVT, conçu pour WebGPU. Compression 3–6× meilleure que MVT. Coordonnées 3D natives. Types complexes (nested). Annoncé janvier 2026.
MBTiles
Container SQLite pour tuiles cartographiques raster ou vectorielles. Format Mapbox, portable, indexé. Remplacé progressivement par PMTiles pour la distribution web.
MVT
Mapbox Vector Tiles — format de tuiles vectorielles binaires (protobuf), standard web depuis 2014. Row-based. Écosystème massif (Mapbox, MapLibre, OpenLayers, QGIS). Standard dominant en 2026.
OGC
Open Geospatial Consortium — organisation de standardisation des formats et protocoles géospatiaux (WMS, WFS, OGC API Features, 3D Tiles, GeoPackage, etc.).
OGC API Features
Standard OGC REST moderne pour exposer des données vectorielles. Successeur de WFS. API JSON, pagination, filtrage CQL2, documentation OpenAPI. Recommandé pour toute nouvelle API géospatiale.
OSM PBF
OpenStreetMap Protocolbuffer Binary Format — format de dump complet d'OpenStreetMap. Planétaire : ~80 Go. 2–3× plus compact et 5–6× plus rapide à parser que le XML OSM.
PMTiles
Single-file tile archive permettant la distribution de tiles sur CDN sans serveur dédié. HTTP Range Requests. Compatible MVT et MLT. Développé par Protomaps (Brandon Liu), 2022.
PostGIS
Extension PostgreSQL ajoutant des types géométriques, index GiST spatial et 800+ fonctions spatiales (ST_Intersects, ST_Buffer, ST_AsMVT…). Socle de toute architecture SIG professionnelle.
Protobuf
Protocol Buffers — format de sérialisation binaire Google. Utilisé par MVT pour l'encodage des tuiles vectorielles. Compact et rapide mais nécessite une librairie de décodage.
Row-based
Structure de stockage où toutes les colonnes d'une ligne sont contiguës en mémoire. Optimal pour les transactions OLTP. Architecture de MVT — limitation pour les gros volumes que MLT résout.
Shapefile
Format vectoriel ESRI (~1993, spec 1998). Multi-fichiers (.shp, .shx, .dbf). Noms de colonnes 10 chars max, 2 Go max, encodage ambigu. Legacy mais encore omniprésent dans les portails open data.
SIMD
Single Instruction Multiple Data — exécution parallèle de la même opération sur plusieurs données. Rendu possible par la structure column-oriented de MLT pour le décodage GPU.
STAC
SpatioTemporal Asset Catalog — standard de catalogage des données géospatiales cloud (COG, GeoParquet). Utilisé par ESA, USGS, NASA pour leurs archives satellitaires.
TopoJSON
Extension JSON de GeoJSON encodant la topologie (arcs partagés entre polygones adjacents). 2–4× plus compact pour les cartes choroplèthes. Niche D3.js. Créé par Mike Bostock, 2012.
Vector Tiles
Tuiles vectorielles — données géométriques encodées par tuile pour le rendu GPU côté client. Permettent le style dynamique côté client et l'interactivité sur les features. MVT et MLT.
WebGL
Web Graphics Library — API JavaScript pour le rendu 2D/3D via GPU dans le navigateur. Base de Mapbox/MapLibre GL JS depuis 2013. Successeur : WebGPU (disponible 2023–2024).
WebGPU
Successeur de WebGL — API GPU généraliste dans le navigateur. Support compute shaders (GPGPU). Base de la prochaine génération de rendu cartographique. MLT est conçu pour en tirer parti.
WFS
Web Feature Service — standard OGC pour l'accès aux données vectorielles via le web. Réponses GML/JSON. Successeur officiel : OGC API Features (2019).
WMS
Web Map Service — standard OGC (2000) pour la diffusion d'images cartographiques générées côté serveur. Traitement CPU à chaque requête. Toujours actif dans les portails institutionnels en 2026.
WMTS
Web Map Tile Service — standard OGC (2010) pour la diffusion de tuiles raster pré-calculées. Cachable sur CDN. Successeur : OGC API Tiles (2022).
WKB / WKT
Well-Known Binary / Well-Known Text — formats d'encodage des géométries en base de données. WKB est utilisé par GeoParquet pour stocker les géométries dans les colonnes Parquet.
XYZ
Schéma d'URL de facto pour les tuiles cartographiques : /{z}/{x}/{y}.png. Standard non OGC mais universel, supporté nativement par Leaflet, MapLibre, Mapbox. Popularisé par Google Maps (2005).

À propos de l'auteur

Mattieu Pottier est consultant indépendant en transformation digitale, spécialisé dans les ERP (Odoo V18/V19), les systèmes d'information géographique (QGIS, développement QGIS), et les applications web (WordPress, FastAPI, Python, JavaScript). Il intervient sous la marque MP-i — Mattieu Pottier Indépendant auprès d'organisations souhaitant intégrer des outils open source dans leurs processus métier.

La trilogie de livres blancs techniques MP-i répond à un besoin terrain récurrent : disposer d'une référence synthétique, factuellement vérifiable et architecturalement actionnable sur la chaîne complète des données géospatiales — du format de stockage à l'exposition web.

Historique des révisions

VersionDateAuteurModifications
v1.0.0 3 mars 2026 Mattieu Pottier Version initiale — publication
v2.0.0 3 mars 2026 Mattieu Pottier Ajout section MLT complète, mise à jour statuts 2026, enrichissement guide décisionnel
v3.0.0 3 mars 2026 Mattieu Pottier Révision approfondie : architecture MLT column-oriented, benchmarks, GeoArrow, COPC, convergence BIM-GIS IFC 4.3, glossaire complet

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Mattieu Pottier

Consultant SI indépendant — MP-i

Expert SIG, architecture système et Odoo. J'aide les collectivités, PME et bureaux d'études à construire des systèmes d'information calibrés sur leurs besoins réels — sans surcoût ni dépendance éditeur.

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